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 Contes des Sages et des Fous d'Amour

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Ekwipoëti
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MessageSujet: Contes des Sages et des Fous d'Amour   Ven 21 Sep - 13:45

La Double Contrariété
Un jour, un sultan au sang-froid légendaire a dit fièrement devant tout son conseil assemblé :
-Moi, j’aimerais connaître quelqu’un capable de me donner une contrariété à l’intérieur d’une même contrariété !
Vizirs, ministres et conseillers se trituraient barbes, nez et oreilles... Aucun ne parvenait à trouver l’idée fine. Ravi, le sultan se lève pour quitter la séance. Mais au premier pas qu’il a fait, le domestique qui se trouvait pres du trône lui caresse les fesses. Le sultan sursaute, se retourne, et hurle :
-Ca ne va pas, non ? Qu’est-ce qui te prend ?
-Pardonne-moi, ô sultan ! a répondu le domestique. J’ai cru que c’était ta femme.


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MessageSujet: Re: Contes des Sages et des Fous d'Amour   Ven 21 Sep - 13:46

Le plaisir des dieux

La chose était très connue au sommet de l’Olympe : c’était plutôt aux premières lueurs du Jour que Zeus, le Dieux des dieux, et sa compagne Héra préféraient goûter aux jeux amoureux. Aussi n’était-il pas rare qu’à l’aube fraiche, les habitants de l’Olympe entendent, provenant de chez eux, toutes sortes de cris, de râles, de plaintes ou de gémissements…
Un de ces matins pourtant, les planètes formaient sans doutes une conjonction particulièrement propice – le Bélier serrait étroitement Vénus et frôlait l’Alpha de la Lyre -, toujours est-il que Zeus et Héra se livraient à de tels ébats et poussaient de telles exclamations que, peu à peu, Dieux, demi-dieux, déesses et tous les habitants de l’Olympe n’ont pu s’empêcher d’escalader les cieux pour s’installer sur les nuages alentour et contempler les prouesses du couple divin. Enfin, dans un bruit de tonnerres, Zeus et Hera sont parvenus ensemble au sommet de l’extase. Ils ont poussé un rugissement à déchirer le voile du septième ciel, la foudre de Zeus a illuminé l’Olympe et les deux amants épuisés sont retombés sur leur matelas de nuages. Alors, dans le silence revenu, Héra à doucement susurré :
-Amour, il me semble que ce matin, une fois encore, c’est toi qui as crié le plus fort.
-Certes, a concédé Zeus, mais c’est parce que j’ai la voix virile, elle sonne plus fort.
-Tut, tut, tut ! a fait Héra Je te le dis et te le répète : c’est toujours toi qui au moment de l’extase connais le plaisir le plus fort.
Mais Zeus qui n’en démordait pas, a affirmé comme s’il révélait un principe divin :
-Sache, ô ma fiancée, ma sœur, que le plaisir de l’homme, attendrait-il des sommets plus élevés que ceux de l’empyrée, ne sera jamais le quart du tiers de la moitié de celui que ressent la femme au moment de l’extase.
A ces mots, une vaste discussion s’est aussitôt engagée parmi les habitants de l’Olympe. Certains disaient qu’il s’agissait là d’une vérité sensée et avérée, d’autres que ce n’était encore que pur délire et fantasmagorie de Zeus. Enfin, Héra mit fin au débat en faisant retentir sa voix :
-Ô mon frère, mon époux, tu viens hélas de prouver une fois de plus que, pour ce qui concerne l’amour, tu brilles et tu excelles davantage à la pratique qu’au discours. Mais brisons là. Car, quant à cette vérité de savoir qui de l’homme ou la femme connaît plus de plaisir au moment de l’extase, jamais personne ne la saura puisque sous le ciel, jamais être n’a pu vivre en étant homme et femme à la fois.
Zeus s’est insurgé :
-Que dis-tu là ? Quelles paroles insensées sont sorties de l’enclos de tes jolies dents ? Cet être il existe ! Et je le connais bien car je l’observe depuis des années. C’est un simple mortel qui porte le nom de Tirésias !
Au nom de Tirésias, on se souvient sans doute du vieil oracle aveugle qui annonce à Œdipe qu’il a tué son père et couché avec sa mère et que ses enfants ne vaudront pas mieux que lui.
Seulement, avant d’être ce vieux birbe, Tirésias était un fort curieux jeune homme.
Et c’est donc l’histoire de cette jeunesse désordonnée que, devant tout l’Olympe assemblé, Zeus s’est mis à raconter.
-Figurez-vous que ce Tirésias, un jour qu’il faisait une sieste méridienne à l’ombre d’un acacia dans un coin perdu du Péloponnèse, a été brusquement réveillé par un couple de serpents entrelacés dans les joies de l’amour. Effrayé, il a abattu sur eux son bâton et la femelle en est morte sur le coup. Le mâle furieux a alors craché son venin au visage de Tirésias en lui jetant une terrible malédiction. Un moment après, lorsque Tirésias a repris conscience, il s'est aperçu qu'il avait changé de sexe! Seulement Tirésias, lui, n'y a pas vu une malédiction si terrible. Au contraire, il s'en est allé joyeusement vivre sa vie de femme. Il s'en est donné à cœur joie, en veux-tu en voilà. Puis, après sept ans révolus, il est revenu fureter au même endroit sous son acacia, a guetté un couple de serpents et cette fois, a frappé le mâle à la tête. Comme il l'avait espéré, la femelle lui a craché au visage, et il est redevenu homme! C'est ainsi que ce mortel, depuis des décennies, tous les sept ans, va se faire homme, puis femme, puis homme, puis femme... Et s'il est une différence en matière de plaisir suivant les sexes, lui seul assurément nous le dira.
Lorsqu'il a eu fini ce discours, tous les habitants de l'Olympe ont absolument voulu voir et entendre ce fameux Tirésias. Certains mêmes se proposaient pour goûter à son charme ambigu. Alors Zeus a dépêché Hermès aux pieds légers, pour aller chercher le mortel. Et, en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, Tirésias s'est retrouvé au beau milieu de l'Olympe. Il se trouve qu'il était à ce moment là dans sa condition d'homme. Or, à peine a-t-il senti peser sur lui les regards de l'assemblée que Tirésias a aussitôt compris la question qu'on allait lui poser. Et avant même que Zeus ne la formule, il a dit :
-Ô dieux de l'Olympe, sachez que le plaisir de l'homme, atteindrait-il des sommets plus élevés que ceux de l'empyrée, ne sera jamais le quart du tiers de la moitié de celui que ressent la femme au moment de l'extase.
À ce moment – pauvre Tirésias –, Héra s'est redressée sur son coude et lui a lancé, comme disait le poète, ces paroles ailées :
-Mortel, à voir l'homme que tu parais être, j'imagine bien aussi la femme que tu es. Comment, toi à qui il a été donné la chance de vivre une si grande expérience, as-tu pu formuler une telle contrevérité? Pour te punir de ton aveuglement, aveugle tu as été, aveugle tu seras!
Héra lui a craché au visage et Tirésias a subitement perdu la vue. Puis, la déesse s'est retirée furibonde et chacun s'en est allé sur la pointe des pieds. Alors Zeus, qui se sentait désolé pour Tirésias, lui a dit :
-Ô malheureux, sache que je ne peux défaire ce qu'a fait ma soeur. Elle nourrit déjà une telle fureur contre moi qu'elle va sans doute de nouveau m'interdire sa couche pour un temps infini et je devrais une fois de plus me changer en taureau, en aigle, en pluie d'or, ou je ne sais quoi encore, afin d'apaiser le feu qui me dévore. Mais en récompense de ton témoignage et en compensation de ton infortune, je vais t'accorder davantage de clairvoyance en te faisant le don de prophétie.
Zeus a alors appliqué sa salive sur les paupières de Tirésias et ainsi, pour lui, le monde s'est de nouveau éclairé. Seulement, profitant de leur solitude au sommet des nuées, Zeus a insisté :
-Mais dis-moi, Tirésias, as-tu vraiment dit la vérité?
-Sur ma vie, ô Zeus, la vérité, et seulement la vérité!
-Alors une chose m'intrigue. Si l'extase est tellement plus intense pour la femme, pourquoi tous les sept ans t'en vas-tu reprendre ta condition d'homme?
En souriant à l'immortel, Tirésias a répondu par ces mots non moins éternels :
-Eh bien, si pour les plaisirs de l'amour, il est exceptionnel d'être une femme, apprends que pour le reste, c'est beaucoup plus pénible.


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MessageSujet: Re: Contes des Sages et des Fous d'Amour   Ven 21 Sep - 13:47

Ombre et lumière

Une fille de marchand prétendait qu'elle ne pourrait aimer que l'homme qui trouverait le moyen de remplir tout l'espace de sa chambre en moins d'une journée. Or sa chambre était aussi vaste qu'un palais! Plusieurs prétendants étaient déjà venus tenter l'aventure : un boutiquier avait voulu remplir la pièce de ses bahuts, un paysan avait essayé avec du foin et de la paille, un berger avec de la laine, un fermier avec des plumes, il y avait même eu un batelier pour se risquer à inonder la pièce... À tous, le temps avait manqué, et le soleil s'était couché en éclairant de ses derniers rayons les espaces vides qui demeuraient dans la pièce. Arrive enfin un jeune poète. Il reste toute la journée dans la chambre à ne rien faire si ce n'est regarder la demoiselle. Elle, émue par tant de paisible attention, lui rappelle au crépuscule du jour, qu'il faudrait tout de même songer à remplir la pièce. Alors le garçon a sorti une bougie de sa poche, l'a posée devant lui, en a allumé la mèche, et sa lumière d'un coup a empli tout l'espace.
On raconte que le soir des noces, la jeune épouse a dit à son époux :
-En vérité, il y avait un espace dans la pièce que tu n'as pas éclairé, et c'était précisément celui qui se trouvait sous la bougie, à l'endroit même où elle reposait.
-C'est vrai, a fait le jeune homme. Mais pourquoi n'en as-tu rien dit?
-Parce que, a répondu la nouvelle mariée, je me sens comme cette chambre que tu as emplie de lumière, conservant toujours au fond de moi une part d'ombre secrète dans laquelle nul jamais ne pourra pénétrer.


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MessageSujet: Re: Contes des Sages et des Fous d'Amour   Ven 21 Sep - 13:48

Philosophie de nouilles
C'est un jeune homme qui ne s'était jamais senti à son aise en compagnie des femmes. Mais cette fois, il avait un rendez-vous sérieux, où il était même question de mariage! Alors – preuve de sa maladresse – il est allé trouver son père pour lui demander conseil. Et son père, non moins mal avisé, lui a répondu :
-Écoute mon fils, c'est très simple! À cette jeune fille, tu lui parleras de trois choses. D'abors, tu lui parleras d'amour. Mais fais-le de manière détournée, afin qu'elle comprenne bien que tu peux avoir de l'esprit. Ensuite, tu l'interrogeras sur sa famille, afin qu'elle comprenne aussi que tes intentions sont sérieuses. Et enfin, tu lui parleras philosophie, afin qu'elle comprenne encore que tu n'es pas n'importe qui.
Le garçon court à son rendez-vous en prenant soin de ressasser les conseils paternels. Et, se retrouvant devant la jeune fille, il tente de parler d'amour de manière détournée :
-Mademoiselle, dit-il, est-ce que vous aimez les nouilles?
-Non, lui répond la jeune fille. Non... Je n'aime pas vraiment les nouilles.
Mince! se dit le jeune homme. Essayons avec la famille.
-Mademoiselle, avez-vous un frère?
-Non, je n'ai pas de frère, non.
Holà, tout va de travers! Le jeune homme tente sa dernière chance : la philosophie!
-Mademoiselle, si vous aviez eu un frère, pensez-vous qu'il aurait pu aimer les nouilles?
On prétend que la jeune fille en a tellement ri qu'elle s'est éprise de lui.
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