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 L'HOMME PROPRE dans « Monologues » de Charles Cros

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Meliha
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Nombre de messages : 179
Age : 25
Date d'inscription : 29/09/2010

MessageSujet: L'HOMME PROPRE dans « Monologues » de Charles Cros   Sam 9 Aoû - 18:13

II entre en chiquenaudant les manches et les parements de son habit.
Je n'ai pas dîné parce que j'ai eu la bêtise d'accepter à dîner chez Oscar.
Oh! je ne dîne jamais en ville, je souffre trop; mais la marquise des Platesbandes et sa fille 
devaient dîner chez Oscar. L'autre jour j'avais conquis les bonnes grâces de la marquise en lui 
donnant la recette d'une eau antipelliculaire qui est de tradition dans ma famille.
Je dis donc à Oscar : Elle est charmante, mademoiselle des Platesbandes. Alors le voilà 
qui organise ce fameux dîner de ce soir. C'est un garçon intelligent, paraît-il, mais il n'est pas... il 
n'a pas l'habitude, le culte de la propreté. Moi, je n'ai pas une imagination extraordinaire mais au 
moins je suis propre!
Ce matin, je m'éveille. Je pense : dîner chez Oscar. Enfin!
Je prends mon bain. Comme tous les jours j'ai mon heure de pédicure, mon heure de 
manucure, ma demi-heure de coiffure du matin. Et je déjeune. Quatre œufs à la coque; j'aime ça 
parce que personne ne touche les œufs en dedans. Je mange du pain fait à la mécanique... 
personne ne touche à la pâte : au sortir du four on me le met dans une serviette et on me l'apporte. 
Je bois de l'eau filtrée sur ma table, un petit filtre, excellent système... (Je vous donnerai l'adresse 
du fabricant.)
Après déjeuner, je me lave les mains, je me débarbouille, je change de linge, je mets des 
bottines fraîches, je me relave les mains et je sors. Je vais chez Auguste me faire brosser la tête : 
vous savez ?... le shampooing.. Je vais au shampooing tous les jours, de trois à quatre heures.
Ça creuse l'estomac, le shampooing, quand on n'a pris que des œufs à la coque. Je rentre 
donc; je me lave les nains, je me débarbouille... (La poussière, en route.) Je change de linge, de 
costume, je mets des bottines fraîches, je me relave les mains et je sors. Chez Auguste je me fais 
donner un dernier coup de peigne et en route! Chez Oscar ! puisque le dîner était pour six heures.
Bonsoir madame, bonsoir Oscar, bonsoir madame la marquise, bonsoir mademoiselle, 
bonsoir tout le monde. Je demande à me laver les mains (la poussière).
Dans le potage, je trouve une petite carotte nouvelle (j’aime assez les carottes) épluchée à 
la main! (la main de cuisinière!)
Chez moi on épluche les légumes à la machine, en tournant comme ça... (Je vous donnerai 
le nom du fabricant.)
Je ne touche" pas au potage. On fait passer le pain, coupé à la main, sur une assiette. Je ne 
dis rien. J'en prends un morceau; je le fais tomber dans ma serviette, qui était propre, c'est vrai. 
(C'est la seule chose propre qu'il y ait à table. — Ah si, il y avait encore la nappe et les couteaux 
qui paraissaient propres.) Je coupe une petite tranche en dessus de mon pain, une petite tranche 
en dessous, et je pèle la croûte tout autour. J'avais, comme ça, un petit noyau de mie assez propre. 
(C'était du pain
fait à la mécanique; j'avais averti.)
Oscar a eu l'air de remarquer mon petit travail et il a commencé à me faire un nez.
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